Grands groupes et start-up : je t’aime…moi non plus ?

bulb6975640terIl est assez courant d’opposer les notions de grands groupes et de start–up : les premiers aux organisations trop lourdes et plus lents lorsqu’il s’agit d’innovation, les secondes plus rapides et plus créatives. Mais tous les deux évoluent bien dans un même écosystème et le nombre de projets les rapprochant n’a cessé d’augmenter ces dernières années.
Avec la révolution numérique et le développement exponentiel d’innovations qui s’en suit, les grands groupes n’ont pas le choix : s’ils veulent être rapides, ne pas perdre le fil et relever ce nouveau défi, ils doivent collaborer avec ces nouveaux partenaires que sont les start-up.
Cette collaboration peut prendre différentes formes mais c’est le plus souvent sous la forme d’incubateur qu’elle se concrétise.

Ces nouvelles relations établies avec ces plus petites entités permettent ainsi aux grands groupes :
– d’acquérir plus de souplesse
– d’anticiper des évolutions de marché et potentiellement d’en découvrir de nouveaux jusque-là inconnus ou ignorés
– de s’adapter plus facilement
– de multiplier les projets créateurs et innovants.
– de mettre en place de nouveaux modèles de fonctionnement et faire évoluer la culture d’entreprise

Du côté des start-up, les avantages sont nombreux. En effet,  selon une étude [1] datant de Juin 2014, 95% d’entre elles considèrent cette collaboration comme nécessaire, voire indispensable.
Il est vrai que les grands groupes ont su créer les conditions idéales à leur naissance et à leur développement. Ils mettent le plus souvent à leur disposition des locaux très confortables, tous les moyens matériels, techniques nécessaires, et les soutiennent en les connectant avec leur réseaux d’experts et de partenaires. Cerise sur le gâteau : les grands groupes leur apportent en plus le prestige de leur nom.
Dans un véritable cocon, elles n’ont plus qu’à se consacrer pleinement à leur créativité. Et c’est bien là ce que l’on attend d’elles.

Selon la même étude, les start-up considèrent que les principaux apports d’une telle relation sont :
– une meilleure crédibilité,
– un meilleur accès au marché,
– une meilleure visibilité.

Elles rencontrent néanmoins des difficultés liées à de grosses différences culturelles.
Ainsi deux start-up sur trois qui ne sont pas encore en relation avec un grand groupe considèrent qu’il s’agit d’une démarche complexe : « L’asymétrie en terme de taille et de pouvoir de négociation est un frein ». La prise de contact est donc difficile.
Lorsque la relation est enfin établie, les démarches administratives, les process paraissent souvent insurmontables aux start-up qui ne connaissent pas les mêmes contraintes organisationnelles.
Néanmoins, les start-up sont très sollicitées. Le phénomène ayant gagné tous les secteurs d’activité, le nombre d’offres présentées par les grandes entreprises est devenu exponentiel, le nombre de collaborations effectives aussi.

Du côté des grands groupes, il est vrai que pour certains, la coopération avec les start-up ne constitue qu’une opération de communication, une vitrine de produit innovant ou un moyen de veille technologique sans qu’il y ait de véritable volonté de poursuivre le développement sur le long terme.
D’autre part, sur le plan financier, cette relation ne se concrétise pas toujours par des investissements directs des groupes concernés.
Et d’ailleurs, certains préfèrent développer leur start-up en interne.

En conclusion, les relations entre ces deux mondes restent complexes.
Axelle Lemaire, secrétaire générale au numérique, s’est d’ailleurs exprimée à ce sujet en ce début d’année. Elle souhaite favoriser les échanges Grands groupes/Start-up à travers une charte qui viendrait encadrer la collaboration de ces deux entités si distinctes.
Par ailleurs, la mission French Tech (communautés d’actions en faveur des start-up lancée en novembre 2013) devrait également se consacrer à cette problématique dès 2015.

 

La collaboration Grands groupes / start-up en quelques chiffres :

– Selon le site capital.fr :
50 : c’est Le nombre d’incubateurs « corporate » en France, selon Paris Région Lab.
3 À 24 MOIS : c’est La durée du soutien aux start-up.
180 : c’est Le nombre de places offertes aux créateurs par les grands groupes en Ile-de-France

Source : capital.fr : 7 bonnes raisons de lancer sa start-up sous l’aile d’un grand groupe
(cet article dresse également une liste des principaux grands groupes proposant des incubateurs aux start-up)

– Le site greenunivers.com consacre un dossier à ce thème :
Il a recensé 84 investissements réalisés, entre 2010 et 2014, par 21 grands groupes français, dans tous les secteurs d’activité
consulter le Dossier Open innovation : sur quelles start-up misent les grands groupes ? mis en ligne le 12 Janvier 2015.

Françoise CARRADE | Documentaliste en entreprise

 


Note

[1] Enquête : quelle relations entre start-up et grandes entreprises ? – réalisée par le cabinet Faber-Novel pour l’incubateur Neuilly nouveau média– Juin 2014

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