Un panorama de l’ouverture des données en Afrique

Le site internet de l’hebdomadaire Jeune Afrique publiait, il y a quelques jours, un article intitulé L’Afrique a-t-elle entamé sa révolution « open data » ? Le journaliste Mathieu Olivier y proposait une revue intéressante et très complète des politiques d’ouverture des données sur le continent.

En dehors du Burkina Faso, sur lequel nous nous sommes penchés il y a peu, le Kenya, le Ghana ou encore le Sierra Leone ne sont pas en reste en matière de diffusion des ressources de leurs administration. Certaines de leurs initiatives sont même antérieures à l’exemple burkinabé. Soutenus par la Banque africaine de développement, de nombreux pays du continent ont mis en place le fameux portail qui, comme pour les nations d’Europe ou les États-Unis, fait l’interface entre gouvernement et citoyens. On peut se réjouir de ce que, mis à part l’Éthiopie et l’Érythrée, tous ont joué le jeu (nonobstant quelques soucis d’ordre « logistique » pour la Libye, la Centrafrique et la Somalie).

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Une approche globale des politiques d’open data du continent africain met en évidence la perte de vitesse de l’Afrique anglophone en cette matière, en regard de la progression des pays francophones du continent, comme le Burkina Faso ou le Sénégal.

Dans le détail, des disparités existent. Les plateformes mises sur pied il y a deux ou trois ans par le Kenya et le Ghana tombent en friches, n’étant que trop rarement rafraîchies. La faute en revient à « l’engouement de la communauté » qui « est peu à peu retombé », explique José Manuel Alonso, responsable à la Word Wide Web Foundation, qui soutient les projets africains. De façon plus générale, on peut dire que l’esprit est là (ce qui, déjà, compte beaucoup) mais que, dans les faits, les problèmes techniques, la carence en infrastructures productrices de données (instituts d’études statistiques notamment) et le désintérêt politique brident encore les politiques d’open data africaines. Sans compter que, à se placer du côté de la réception, on comprend vite qu’une population rurale, à l’image de celle du Sierra Leone, ne dispose ni de l’équipement informatique ni de la formation nécessaire pour apprendre à consulter les données via un portail internet. D’où la nécessité, pour certains pays du continent africain, d’envisager d’autres canaux de diffusion des données, comme la radio ou, par exemple, par l’intermédiaire du chef de la communauté.

 Vincent Rappeneau | Documentaliste Politiques publiques

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