Les premiers pas de l’open data en Afrique

Les politiques d’ouverture de données ne concernent pas seulement les pays de l’hémisphère nord. Le continent africain en fournit deux preuves : la création d’une Direction des systèmes d’information de l’État en Tunisie ; l’initiative « Open data du Burkina » au Burkina Faso.

opendata afrique

Carte de l’Afrique selon le classement Open Data Index 2014. La couleur indique le score open data de chaque pays (du rouge au vert = de 0 à 100 ; blanc = pas de données) – ©OKF/2014

L’exemple tunisien au Maghreb

Placée en tête des pays arabes en matière d’open data, la Tunisie occupe néanmoins le 63e rang mondial au classement de l’Open Knowledgne Foundation en 2014 (l’Égypte et le Maroc figurent à la 79e place). Soyons clairs : la mise en place historique d’une Direction des SI ne signifie pas pour autant le lancement d’une politique concertée d’ouverture des données au Maghreb. Ce n’est pas même, stricto sensu, une politique d’open data nationale puisque cette petite révolution est avant tout interne à l’administration tunisienne. Un portail existe, certes, mais pauvre en jeux de donnés. La thématique « tourisme » – fer de lance de l’économie tunisienne – donne accès, par exemple, à un document Excel de quatre pages, chacune présentant sous forme de tableau un cumul de chiffres. Aucune légende ni annotation ne permet de rendre lisibles ces données brutes. Au reste, si l’on sait que ces chiffres émanent de l’Office National du Tourisme Tunisien, ils manquent un peu de fraîcheur (2006-2010).

La création de la Direction de SI pourrait y changer quelque chose, même si ce ne sera pas dans un premier temps. L’État tunisien cherche d’abord, en harmonisant puis interconnectant les bases de données de ses institutions et administrations, à être plus performant dans l’exploitation de leurs ressources. L’objectif poursuivi est, comme de coutume dès qu’on touche aux rouages de la machine administrative, de rationaliser sa gestion. Mais l’État veut aussi réduire la délinquance et le danger terroriste, notamment par le biais d’un meilleur contrôle des zones frontalières (avec la Libye notamment). On peut espérer que, une fois acquises en interne les bonnes pratiques de la data, le volet « open » ne passe pas à l’as sur d’autres sujets moins sensibles.

A l’Ouest, il y a du nouveau

En regard, le projet burkinabé paraît beaucoup plus ambitieux. Il fait surtout du pays un pionnier des politiques d’ouverture des données en Afrique de l’Ouest. En même temps que la volonté d’accélérer le processus de modernisation de l’administration, l’accent est mis sur l’aspect démocratique. Le « Bodi » (Burkina Open Data Initiative), soutenu financièrement et techniquement par la Banque mondiale, va mener de front plusieurs projets : la mise en place de l’inévitable portail d’accès aux jeux de données, dont la version d’essai est déjà accessible (visuellement plus aboutie, plus riche et plus complète que le portail tunisien) ; un cloud gouvernemental, dont l’ambition est de collecter au même endroit les données des administrations et institutions gouvernementales ; ou encore le projet backbone, qui fera courir la fibre optique dans tout le pays pour assurer la bonne diffusion, au plus grand nombre, des données ouvertes.

Le Bodi apparaît comme une initiative solide, cohérente et pensée de bout en bout, qui pourrait servir d’exemple aux pays de la région.


L’auteur tient à remercier Jean-Michel Meyer, journaliste spécialiste de l’Afrique, pour son aide et ses conseils.

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