Le « Portail de la Transparence » espagnol ne convainc pas

L’Espagne est le tout dernier pays européen à se doter d’une loi sur la transparence de la vie publique et l’accès à l’information. Attendue depuis une décennie (les débats ont commencé dès 2004), la voici enfin adoptée dans le tumulte des nombreux scandales de corruption qui ont ébranlé le gouvernement de Mariano Rajoy.

Transparencia.gob.es, tel est le nom du Portail de la Transparence qui met en ligne 500 000 documents, parmi lesquels des jeux de données informant sur le salaire des ministres et hauts fonctionnaires ou encore les subventions versées aux partis politiques. Possibilité est également offerte aux citoyens d’adresser une demande en ligne pour obtenir des informations supplémentaires, une curiosité que l’administration espagnole s’engage à satisfaire dans un délai d’un mois. Passé celui-ci, que se passe-t-il ? Rien ! Le citoyen devra considérer sa demande comme refusée, la nouvelle loi n’obligeant pas l’administration à lui répondre. Il lui faudra alors saisir le Consejo de la Transparencia (Conseil de la Transparence) pour obtenir satisfaction. Un procédé qui risque d’en décourager plus d’un…

C’est un exemple parmi d’autres des nombreuses carences qu’accuse la loi de transparence, que certains jugent insuffisante, si ce n’est complètement ratée. La signature digitale en est un autre, qui ne permet pas la consultation des jeux de données par les citoyens de façon anonyme, puisqu’une signature digitale est requise ! En réaction, El País, le quotidien payant le plus diffusé en Espagne, a créé une page Web afin de centraliser les demandes et les transmettre au gouvernement via sa propre signature digitale. Un peu de plomb dans la belle idée de l’accès direct, sans intermédiaire aucun, aux données intéressants le public…

Bref, sans aller jusqu’à l’accès aux copies des courriers électroniques des personnels administratifspossibilité offerte dans certains pays et dont semble se réjouir Helen Darbishire, fondatrice et directrice de l’ONG Access Info Europe , la loi, selon elle, comporte deux défauts majeurs : elle n’englobe pas l’accès à l’information de toutes les administrations publiques et exclut l’accès à plusieurs rapports internes ou communications au sein d’une entité publique ou entre les administrations. L’Espagne n’est pas prête de grimper dans le classement de l’ONG listant les pays qui possèdent les meilleures lois en matière de transparence, classement dont elle occupe la 64e place sur 99 (tandis qu’elle figure au 31e rang du Global Open Data Index 2014 de l’Open Knowledge Foundation).

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :